URGENCE HUMANITAIRE À LA FRONTIÈRE MALI-MAURITANIE : L’APPEL DE DÉTRESSE DE MÉDECINS SANS FRONTIÈRES
Dans un communiqué rendu public le vendredi 9 octobre 2026, l’organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur la détérioration grave des conditions de vie des milliers de réfugiés maliens installés dans le Sud-Est de la Mauritanie. Entre pénuries d’eau, précarité sanitaire et insécurité alimentaire, la crise humanitaire atteint un seuil préoccupant.
Fuyant la résurgence des violences armées qui secouent le Nord et le Centre du Mali, des milliers de familles ont été contraintes de tout abandonner pour chercher refuge de l’autre côté de la frontière, dans la région rurale et semi-aride du Hodh el Chargui. Déjà en 2012, l’éruption du conflit au Nord du Mali avait provoqué un exode massif vers le camp de Mbera, situé près de Bassikounou. Devenu de facto la troisième plus grande ville de Mauritanie avec une population dépassant les 120 000 personnes, ce camp ne suffit plus à éponger les flux récents.
Depuis 2023, la recrudescence des affrontements a provoqué de nouvelles vagues de déplacements. La majorité des nouveaux arrivants est désormais dispersée le long de la frontière, hébergée au sein des communautés hôtes ou installée dans des sites informels précaires. Comme l’explique Sabrina Hazi, coordinatrice de MSF à Bassikounou, beaucoup de ces réfugiés hésitent ou ne peuvent plus se rendre directement dans le camp principal, aggravant leur vulnérabilité.
Sur place, la réalité quotidienne de ces populations déplacées est marquée par un dénuement extrême, l’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé primaires demeurant extrêmement restreint. La période allant de novembre à juillet s’avère particulièrement éprouvante, accentuant l’insécurité alimentaire et la sécheresse dans cette zone semi-aride. L’offre médicale, déjà limitée pour la population locale, est totalement saturée par cette nouvelle crise humanitaire.
Présente par intermittence en Mauritanie depuis les années 1990, l’ONG Médecins Sans Frontières a relancé ses opérations dans le Hodh el Chargui à la fin de l’année 2024. À travers des cliniques mobiles et un appui direct aux structures du ministère mauritanien de la Santé, MSF tente de répondre aux besoins urgents, notamment en matière de prise en charge de la malnutrition et des pathologies courantes.
Cependant, face à l’ampleur des besoins et à la détresse de ces milliers de Maliens ayant fui en laissant tous leurs biens derrière eux, l’organisation appelle à une mobilisation humanitaire accrue pour éviter un drame sanitaire majeur dans la région.
MAIMOUNA DOUMBIA
