NON-PAIEMENT DES PRIMES DE RECHERCHE : LE SNESUP SUR PIED DE GUERRE !
Après plusieurs années d’attente autour de l’application de la prime de recherche, le Comité Exécutif National du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (CEN-SNESUP) annonce une nouvelle grève à compter du 26 octobre 2026. Une décision qui ravive les tensions avec les autorités et fait planer le risque de perturbations dans les universités maliennes.
Le bras de fer entre le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP) et les autorités reprend de plus belle. Faute d’une issue satisfaisante au dossier de la prime de recherche, le Comité exécutif national du syndicat a décidé d’aller en grève à compter du 26 octobre 2026. Une nouvelle épreuve de force qui remet au premier plan une revendication devenue, au fil des années, un point de crispation majeur dans l’enseignement supérieur.
Pour le syndicat, l’enjeu est d’obtenir la concrétisation d’un droit qu’il estime consacré par les textes régissant le statut des enseignants-chercheurs. Pour les autorités, cette nouvelle mobilisation constitue un défi supplémentaire dans la gestion du dialogue social et la préservation de la continuité des activités universitaires. Le dossier de la prime de recherche ne date pas d’aujourd’hui.
Il s’inscrit dans le cadre des textes portant statut des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, notamment ceux adoptés en 2017. Depuis lors, le SNESUP réclame l’application effective de cette disposition, avec la fixation du montant de la prime et le règlement des rappels revendiqués. Malgré les discussions engagées au fil des années, la question demeure une source de tensions entre les représentants des enseignants-chercheurs et les autorités compétentes.
En janvier 2025, les syndicats de l’enseignement supérieur avaient déjà recouru à la grève pour réclamer la satisfaction de leurs revendications, dont l’application de la prime de recherche. En avril 2026, le CEN-SNESUP avait de nouveau annoncé un mouvement de 120 heures, prévu du 18 au 22 mai, reconductible en cas de non-satisfaction de ses exigences.
La décision d’engager une nouvelle grève à partir du 26 octobre témoigne ainsi de la persistance du désaccord.
Elle traduit surtout l’incapacité, jusqu’ici, à parvenir à une solution durable sur un dossier qui empoisonne les relations entre le syndicat et les pouvoirs publics. Au-delà de la question financière, cette revendication soulève un enjeu essentiel pour l’avenir de l’enseignement supérieur malien.
La recherche scientifique constitue un pilier de la formation, de l’innovation et de la production de connaissances nécessaires au développement du pays. Les enseignants-chercheurs sont appelés à assurer les cours, encadrer les étudiants, mener des travaux scientifiques et contribuer à la résolution de problématiques nationales.
Dans ce contexte, la reconnaissance de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de travail participent également à la qualité du service public universitaire. Pour autant, les contraintes budgétaires de l’État ne peuvent être écartées du débat. La question est donc de parvenir à concilier les obligations découlant des textes, les attentes légitimes des personnels et les capacités financières publiques.
Encore faut-il que les discussions débouchent sur des engagements précis et vérifiables. Comme lors des précédents mouvements sociaux dans le secteur, les étudiants pourraient être les premières victimes d’un nouvel arrêt de travail. Selon l’ampleur et la durée de la grève, les cours, les évaluations et les calendriers académiques pourraient subir des perturbations.
Dans un contexte où les universités doivent assurer la formation des futurs cadres du pays, une nouvelle paralysie ne serait sans conséquence ni pour les étudiants ni pour les établissements. La responsabilité de préserver le fonctionnement des universités repose donc aussi sur la capacité des différentes parties à renouer le dialogue et à rechercher un compromis crédible.
À quelques jours de la date annoncée, les autorités disposent encore d’une marge pour favoriser une issue négociée. La fixation d’un calendrier précis, la clarification des modalités d’application de la prime et la discussion sur les rappels revendiqués pourraient constituer des points de départ. Reste à savoir si les échanges permettront de désamorcer la crise avant le 26 octobre ou si le monde universitaire s’achemine vers une nouvelle confrontation.
Une chose est certaine, après plusieurs années d’attente, le dossier de la prime de recherche ne peut plus être traité comme une revendication conjoncturelle. Il pose la question de la crédibilité des engagements publics et de la place accordée à la recherche scientifique dans les priorités nationales. Entre fermeté syndicale et impératif de continuité universitaire, l’heure est désormais à des réponses concrètes.
MAIMOUNA DOUMBIA
