LE SG DE L’ONU L’A DECALRE HIER A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA FIN DE L’IMPUNITE POUR LES CRIMES CONTRE LES JOURNALISTES : « Aujourd’hui encore dans le monde, des journalistes payent un lourd tribut pour avoir simplement dit la vérité » dixit Antonio Guterres
« À travers le monde, les journalistes continuent de payer un prix exorbitant pour dire la vérité », a déclaré M. Guterres dans son message à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre de chaque année. « Lorsque les journalistes sont ciblés et que leur travail de reportage est étouffé, cela fait de nous tous des victimes », a-t-il affirmé, appelant à la justice pour les journalistes victimes de violences et d’assassinats dans l’exercice de leur profession.
Le secrétaire général de l’ONU a fait état d’au moins 34 journalistes ayant payé de leur vie leur travail au cours de l’année écoulée, soulignant que six assassinats sur sept restent impunis et que ce taux approche les 100 % dans les zones de conflit. Qualifiant cette situation d’atteinte grave aux victimes, à leurs proches et à l’ensemble des citoyens qui dépendent du travail des journalistes pour être informés, M. Guterres a affirmé que « ce scandale doit cesser », appelant à enquêter sur chaque affaire, à poursuivre les responsables et à mettre un terme aux attaques en ligne visant les professionnels des médias.
Il a toutefois relevé des avancées depuis le lancement, en 2012, du Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, précisant que le taux d’impunité dans les pays ne connaissant pas de conflit armé est passé de 94 % à 77 %.
De son côté, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a dressé un constat préoccupant dans son rapport 2026 sur la sécurité des journalistes et le danger de l’impunité. Le rapport, publié tous les deux ans, dénombre 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu sur les réseaux sociaux exerçant une activité journalistique tués en 2024 et 2025, dont 14 femmes. Le taux mondial d’impunité pour les assassinats de journalistes a, pour sa part, atteint 86 %, enregistrant ainsi sa première hausse depuis le début du suivi de cet indicateur par l’UNESCO en 2012.
Placée cette année sous le thème « Les menaces évoluent. L’impunité persiste », la Journée internationale met l’accent sur la transformation des formes de violence visant les journalistes, notamment avec le recours aux nouvelles technologies et aux drones dans les zones de conflit, tandis que les auteurs de ces crimes échappent encore largement à la justice.
En reconnaissance des profondes conséquences de l’impunité, notamment en ce qui concerne les crimes commis contre les journalistes, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, lors de sa 68e session en 2013, la résolution A/RES/68/163, qui proclame le 2 novembre « Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes ». Cette résolution a exhorté les États membres à mettre en place des mesures précises afin de lutter contre l’actuelle culture d’impunité. La date a été choisie en mémoire de l’assassinat de deux journalistes français au Mali, le 2 novembre 2013.
Les nouvelles technologies et les nouvelles armes transforment les modes opératoires des attaques contre les journalistes. Pourtant, une réalité demeure inchangée : les auteurs de ces crimes sont rarement traduits en justice.
Au cours des seules années 2024 et 2025, 189 journalistes ont été tués lors d’attaques violentes, dont 67 % dans des zones de conflit. Cinquante d’entre eux ont été tués par des véhicules aériens sans pilote (UAV), ou drones, dans seulement six zones de guerre, illustrant l’émergence de nouvelles menaces liées aux technologies. Pour les femmes journalistes, ces nouveaux risques s’ajoutent aux violences fondées sur le genre, aux violences en ligne et à d’autres formes de menaces ciblées.
Alors que les moyens employés dans les conflits évoluent, l’impunité demeure à un niveau inacceptable. Pour la première fois depuis que l’UNESCO a commencé à mesurer le taux mondial d’impunité en 2012, celui-ci a augmenté d’un point de pourcentage pour atteindre 86 %, laissant près de neuf assassinats de journalistes sur dix sans résolution judiciaire.
Des progrès ont néanmoins été réalisés en matière de lutte contre l’impunité. Dans les pays qui ne connaissent pas de conflit armé, le nombre de journalistes tués est tombé à 62, son niveau le plus bas depuis 18 ans. Dans ces mêmes pays, le taux d’impunité a également diminué de 17 points de pourcentage depuis 2012, pour s’établir à 77 %.
LAYA DIARRA
