Le président Assimi Goita fait le point du 3ème sommet Russie-Afrique : « Il y a plusieurs accords qui ont été signés. Mais au-delà de ça, il y a la nouvelle feuille de route que nous avons validée avec le président de la Fédération de Russie »
Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a regagné Bamako le dimanche 1er novembre 2026, en provenance de Moscou, où il a pris part au 3e sommet Russie-Afrique tenu les 28 et 29 octobre 2026. Au cours de son séjour, il a été reçu par son homologue russe, Vladimir Poutine.
Faisant le point du troisième sommet Russie-Afrique, le président malien s’est dit satisfait de l’évolution positive de la coopération entre le Mali et la Russie. D’abord, il a tenu à saluer le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, pour l’invitation qui lui a été adressée. « Ce déplacement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre nos deux États. Ça fait mon troisième déplacement. Il y a eu le sommet Russie-Afrique en 2023. Ensuite, il y a eu la visite d’État en 2025. Maintenant, c’est le troisième sommet auquel nous avons participé. Donc, c’est inscrit en droite ligne dans le cadre des relations bilatérales entre nos deux États. Ce qui s’inscrit au niveau des trois piliers : diplomatie, défense et développement », a-t-il rappelé.
SIGNATURE DES ACCORDS
Selon le président Goïta, l’un des objectifs de ce troisième sommet était d’abord de faire le point du deuxième sommet qui s’est déroulé à Saint-Pétersbourg, de faire le point des accords et de se pencher sur les nouvelles orientations. « Concernant les accords qui ont déjà été signés dans différents domaines, nous avons mis en place une commission intergouvernementale avec la Fédération de Russie, des deux côtés. Cette commission a pour mission de suivre la mise en œuvre de tous ces projets. Quand vous regardez de façon globale, nous pouvons dire que c’est satisfaisant pour nous », a indiqué le président, prenant l’exemple de l’enseignement supérieur, des secteurs des mines, de l’énergie et de la défense.
Évoquant le cas de l’enseignement supérieur, il a parlé de l’augmentation à 300 du nombre de bourses qui avait été promise. Quant au secteur minier, il a fait état de la mise en place de l’usine d’affinage, pour laquelle le gouvernement a procédé à la pose de la première pierre, et des travaux qui suivent leur cours normal, avec des procédés actuellement en cours d’exécution. Aussi, dans le secteur de l’énergie, le président Goïta a signalé qu’il y a actuellement le projet de la centrale de Sanankoroba. Pour lui, c’est vrai qu’il y a un peu de retard, mais le projet suit son cours normal.
ÉVOLUTION DE LA COOPÉRATION ENTRE LE MALI ET LA RUSSIE
De nouveaux accords ont été signés entre le Mali et la Russie lors de ce troisième sommet Russie-Afrique. « On devait d’abord faire le point des accords qui avaient été signés, puis se pencher sur le niveau des orientations. Dans ce cadre, au cours de ce troisième sommet, nous avons aussi signé d’autres accords. Certains ont été signés à Bamako. D’autres ont aussi été signés ici, en Fédération de Russie. Parmi les accords que nous avons signés ici, il y a d’abord deux accords dans le secteur minier. Il y a l’accord sur la cartographie géologique. Il y a aussi celui sur le système d’information. Deux accords ont été signés dans le secteur minier. Maintenant, au niveau du secteur de la santé, il y a l’accord sur le bien-être sanitaire et la surveillance épidémiologique. Aussi, sur le plan des finances, il y a eu l’accord sur la gestion des métaux précieux, ainsi que sur le blanchiment des capitaux. Nous avons également signé des accords avec l’Eurasia, une organisation autonome à but non lucratif qui a pour mission de développer la coopération internationale dans plusieurs secteurs », a-t-il confié, expliquant qu’il y avait d’autres secteurs tels que l’agriculture, les infrastructures et l’éducation.
Par rapport à l’annonce faite par le président Vladimir Poutine concernant l’investissement de 50 milliards de dollars par la Russie au niveau des pays africains,
le président Goïta a expliqué qu’il n’était pas forcément question de demander des investissements qui n’iraient pas dans le sens souhaité
, conformément à leur vision. Il a ajouté qu’ils verraient dans les jours à venir s’il faudrait encore aller dans d’autres domaines, tels que l’intelligence artificielle. « Avec la Fédération de Russie, le président Poutine nous a rassurés que, pour tout ce dont nous avons besoin, nous ne devions pas hésiter et qu’ils étaient vraiment prêts à travailler dans ce sens », a-t-il déclaré.
PARTENARIAT EN MATIÈRE DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ
« Le partenariat se porte à merveille. Le plus important est qu’il y a des avancées significatives en termes de succès. Aujourd’hui, nous opérons ensemble, nous agissons ensemble sur les théâtres des opérations. Très souvent, toutes les actions que nous menons sur les théâtres des opérations sont concrétisées par des victoires », a martelé le président malien, prenant l’exemple de la victoire récente concernant le redéploiement des FAMa à Kidal.
TRANSFERT DE COMPÉTENCES
Par rapport à ce volet de la formation, l’accent est toujours mis sur le transfert de technologies. Le président a expliqué que, pour le moment, le pays ne disposait pas de satellites, mais qu’il était prévu qu’il en ait. Pour l’instant, ces satellites ne sont pas disponibles, mais cela n’empêche pas d’avancer. « On a décidé de former nos étudiants à raison de 10 par an durant 4 ans, ce qui fait 40 étudiants qui seront formés. Cela va nous éviter, lorsqu’on aura ces équipements, de nous faire assister par d’autres personnes. Aujourd’hui, nos pilotes, ce sont eux qui pilotent tous nos avions de charge et nos drones. En termes de transfert de compétences, je pense qu’il n’y a pas de problème à ce niveau », a-t-il dit.
COOPÉRATION AES-RUSSIE
S’agissant de la coopération entre l’AES et la Russie, le président Goïta a souligné que la Russie était un partenaire stratégique de l’AES. Que ce soit au Mali, au Niger ou au Burkina Faso, la Fédération de Russie, et surtout Africa Corps, travaille avec ces trois pays.
Au terme du troisième sommet Russie-Afrique, le président malien a exprimé sa satisfaction. « En termes de conclusion du bilan, on peut dire aujourd’hui qu’on est très satisfaits des différents accords que nous avons signés, parce que ce sont des accords que nous avons souhaités et validés avec les partenaires russes. Le plus important est que cela se fasse dans un bon état d’esprit, dans le cadre du respect mutuel, dans le cadre de la souveraineté de nos États et aussi de la défense des intérêts de nos deux pays. Nous sommes très réconfortés et nous sommes disposés à renforcer davantage cette coopération bilatérale avec la Fédération de Russie », a-t-il ajouté, avant de rassurer les peuples maliens que ce partenariat était fondé sur la sincérité, l’efficacité et le respect mutuel. « Nous partageons beaucoup de valeurs avec la Fédération de Russie, en termes de respect de la souveraineté, de non-ingérence dans les affaires intérieures et aussi de prise en compte des intérêts de nos différents peuples. »
YOUSSOUF KONATE
