OPERATION ‘‘KOKADJÈ’’ A KAYES : 16 suspects interpellés dans une affaire d’escroquerie liée Qnet, 170 victimes recensées
Dans le cadre de l’Opération « Kokadjè », initiée par la Direction régionale de la police de Kayes, une intervention policière à Lafiabougou (Kayes) a mis au jour un vaste système présumé d’escroquerie ayant fait 170 victimes recensées. Seize (16) suspects ont été interpellés dans le cadre d’une affaire présumée d’escroquerie associée à QNET.
Selon des sources sécuritaires, une opération menée le 26 octobre par les éléments du Commissariat de police du 1er arrondissement de Kayes, sous la direction du Commissaire principal Daouda Cissé, a conduit à l’interpellation de 16 suspects dans le cadre d’une affaire présumée d’escroquerie associée à QNET. À la suite de l’exploitation d’un renseignement anonyme, la Brigade de recherche (BR) a investi une maison située dans le quartier de Lafiabougou, soupçonnée d’abriter un système clandestin de recrutement. Les premiers éléments de l’enquête indiquent que le réseau présumé attirait ses cibles en leur faisant miroiter des emplois particulièrement rémunérateurs. Pour accéder à ces prétendues opportunités, les personnes recrutées auraient été invitées à verser des sommes comprises entre 100 000 et 1 600 000 FCFA. Derrière ces promesses se cacherait un mécanisme d’exploitation. Certaines personnes auraient été privées de liberté et soumises à des pressions psychologiques. Elles auraient ensuite été contraintes de recruter de nouvelles personnes, notamment dans l’espoir de retrouver leur liberté ou d’intégrer le réseau comme agents de recrutement. À l’issue de l’intervention du 26 octobre, 16 suspects ont été interpellés et placés en garde à vue. Les faits présumés examinés par les enquêteurs portent notamment sur « l’escroquerie en bande organisée, la séquestration, la traite des personnes et le détournement de mineurs ». La procédure judiciaire devra permettre d’établir les responsabilités individuelles.
Pour élargir son recrutement, le réseau aurait eu recours à la méthode dite « FACE », qui consiste à solliciter les personnes de son cercle relationnel, à savoir : recruter des membres de sa famille ; convaincre ses amis ; solliciter ses collègues de travail ; approcher d’autres personnes de son cercle social. Une stratégie qui repose sur l’exploitation des liens de confiance pour attirer de nouvelles recrues. Les personnes ciblées peuvent ainsi être amenées à verser de l’argent ou à entraîner, à leur tour, leurs proches dans le système.
Selon les informations recueillies, certaines personnes auraient subi des pressions pour participer à ce processus de recrutement, contribuant ainsi à l’expansion du réseau présumé.
Les investigations menées par la Brigade de recherche auraient permis de recenser 170 victimes, réparties entre 126 hommes, 43 femmes et un mineur. Ce bilan met en évidence l’ampleur des conséquences humaines et financières de cette affaire présumée d’escroquerie. Derrière les sommes exigées et les promesses d’emploi se dessine une situation préoccupante pour les personnes qui auraient été piégées par ce système. Les enquêteurs devront préciser les circonstances dans lesquelles ces victimes auraient été recrutées, escroquées ou privées de liberté, tout en poursuivant les investigations pour déterminer les responsabilités de chaque personne mise en cause.
Face à ce fléau qui détruit la jeunesse et ruine les familles, le Directeur régional de la Police nationale de Kayes lance un appel pressant et ferme à l’ensemble de la population. Il exhorte chaque citoyen à la vigilance et à la coopération active avec les forces de sécurité pour dénoncer toute personne ou activité liée aux pratiques frauduleuses de QNET.
YOUSSOUF KONATE
