EPINGLES DANS DES RAPPORTS DE LA SECTION DES COMPTES DE LA COUR SUPREME : L’EX-VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL SIDI SOSSO DIARRA ET SON DAF ÉCROUÉS À LA PRISON CENTRALE DE BAMAKO
L’ancien Vérificateur général du Mali, Sidi Sosso Diarra, ainsi que son ancien directeur administratif et financier (DAF), Amadou Diop, ont été placés sous mandat de dépôt et écroués le vendredi 30 octobre 2026. Le placement sous mandat de dépôt a été formalisé aux alentours de 21 heures, à l’issue de leur comparution devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Les accusations porteraient sur des faits présumés de détournement de fonds publics, de production de faux documents et de fractionnement de marchés publics. Ces soupçons concernent la période de sa gestion à la tête du Bureau du Vérificateur général (BVG), dont il a été le tout premier dirigeant entre 2004 et 2011. Bien que l’incarcération soit immédiate, le mandat de dépôt reste une mesure de sûreté provisoire qui intervient dans un dossier judiciaire ouvert de longue date concernant la gestion passée de l’institution. Deux rapports de la section des comptes, dit-on, ont relevé des irrégularités au Bureau du Vérificateur général entre 2014 et 2010. La chambre d’accusation aurait évalué le préjudice présumé à plus de trois milliards de francs CFA. Le procureur a requis vingt ans de prison dans cette affaire et, selon nos sources, le délibéré est prévu la semaine prochaine.
Ce dossier tombe comme un tournant historique dans les arcanes judiciaires. Celui qui a révélé plus de 102 milliards de F CFA de manque à gagner pour l’État malien dans les premiers rapports qu’il a produits se retrouve aujourd’hui dans les mailles de la justice, pour des soupçons d’irrégularités dans la gestion de la structure dont il a dirigé les premiers pas au Mali. Cette interpellation et incarcération d’un ancien Vérificateur intervient, elle aussi, deux semaines seulement après la remise des rapports 2024-2025 du BVG au président de la Transition par le nouveau Vérificateur.
Il ressort des informations que la chambre d’accusation de la Cour d’appel, dans son arrêt du 4 mars 2025, a ordonné la mise en accusation de Sidi Sosso Diarra et d’Amadou Diop devant la juridiction compétente pour connaître des faits poursuivis, notamment des faits présumés d’atteinte aux biens publics, de favoritisme et de fractionnement de marchés publics. La chambre d’accusation a écarté l’argument de prescription soulevé par la défense de Sidi Sosso Diarra. Elle a estimé que, dans les circonstances de l’espèce, le point de départ du délai de prescription devait être apprécié au regard de la découverte des faits par l’État, matérialisée par les rapports de vérification.
LAYA DIARRA
