Microfinance au Mali : 184,4 MILLIARDS DE FCFA D’ÉPARGNE MOBILISÉE EN 2025
Avec une hausse de 11,7 % des dépôts collectés en 2025, plus de 42 000 nouveaux membres et un recul des créances en souffrance, les institutions de microfinance affichent des résultats encourageants. Présentés à l’ouverture de la 9e Semaine de la Microfinance, le mardi 20 octobre 2026, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), ces indicateurs mettent en exergue le rôle du secteur dans le financement de l’économie et l’inclusion financière au Mali.
Organisée par l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Mali (APSFD-Mali), cette édition se poursuit jusqu’au 23 octobre autour du thème : « La microfinance, levier de l’inclusion financière au service de toute la population malienne ». La microfinance malienne confirme sa capacité de résistance et sa contribution au financement des activités économiques.
En 2025, les dépôts collectés par les institutions du secteur ont atteint 184,4 milliards de FCFA, en hausse de 11,7 % par rapport à 2024. L’encours des crédits s’est établi à 209,9 milliards de FCFA, tandis que plus de 42 000 nouveaux membres ont rejoint ces structures. La progression des dépôts constitue l’un des principaux résultats mis en avant par les responsables du secteur.
Avec 184,4 milliards de FCFA mobilisés en 2025, contre environ 165,1 milliards en 2024 sur la base du taux de croissance annoncé, les institutions ont collecté près de 19,3 milliards de FCFA supplémentaires.
Cette évolution démontre leur capacité à mobiliser l’épargne et à maintenir la confiance de leurs membres dans un contexte marqué par des difficultés économiques, sécuritaires et climatiques.
Elle souligne également la place des systèmes financiers décentralisés auprès des populations qui rencontrent des obstacles pour accéder aux services bancaires classiques. Du côté des crédits, l’encours a atteint 209,9 milliards de FCFA. Ce volume illustre le rôle de la microfinance dans le financement des activités génératrices de revenus, notamment le petit commerce, l’artisanat, l’agriculture et l’entrepreneuriat.
Autre indicateur significatif : plus de 42 000 nouveaux membres ont rejoint les institutions de microfinance. Cette progression traduit un élargissement de leur base d’adhérents et confirme l’importance des services financiers de proximité.
L’objectif recherché est de permettre à davantage de citoyens d’épargner, de financer leurs projets et de développer leurs activités.
Pour les femmes, les jeunes, les petits commerçants et les entrepreneurs du secteur informel, l’accès à ces services peut représenter une possibilité de renforcer leurs revenus et leur autonomie économique. Présidant la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances, Abdoulaye Traoré, a rappelé cette dimension sociale.
« L’accès au service financier constitue un puissant levier d’autonomisation des populations », fera-t-il savoir. Il a souligné l’importance de mobiliser l’épargne nationale et de l’orienter vers les activités économiques afin de favoriser un développement plus inclusif et durable. Les résultats présentés font également état d’une amélioration de la qualité du portefeuille de crédits.
Entre 2024 et 2025, les créances en souffrance ont diminué de 13,7 %. Leur taux par rapport à l’encours des crédits serait passé de 7,5 % à 6,3 %, soit une baisse de 1,2 point de pourcentage. Cette évolution constitue un signal encourageant pour la gestion des risques et la stabilité des institutions. Elle ne dispense cependant pas les acteurs de poursuivre leurs efforts en matière de recouvrement, de contrôle interne et d’évaluation de la capacité de remboursement des emprunteurs.
Le Président de l’APSFD-Mali, Tidiane Amadou Tall, a salué la résilience du secteur face aux contraintes rencontrées. « La microfinance malienne n’a pas reculé malgré ces difficultés. Elle a tenu bon et elle a progressé en menant ses activités normalement sur le territoire national », a-t-il déclaré. Au-delà de ces performances, la consolidation du secteur demeure une priorité.
Abdoulaye Traoré a ainsi exhorté les professionnels à respecter les normes prudentielles, à renforcer la gouvernance et à protéger les intérêts de la clientèle. La confiance des épargnants et la pérennité des institutions reposent notamment sur ces exigences. La transformation numérique figure également au programme de cette édition.
Digitalisation, intelligence artificielle, modernisation des systèmes d’information et formation des acteurs sont autant de leviers susceptibles d’améliorer l’efficacité des services et d’élargir leur accessibilité. Les échanges portent aussi sur le financement de l’agriculture, des petites et moyennes entreprises et du secteur informel.
Il s’agira, au terme de cette 9e Semaine de la Microfinance, de convertir les résultats enregistrés en possibilités concrètes pour un plus grand nombre de Maliens. Autrementdit, la performance du secteur se mesurera à sa capacité à financer les initiatives productives, à maîtriser les risques et à rapprocher les services financiers des populations qui en ont le plus besoin.
MAIMOUNA DOUMBIA
