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LE PROCUREUR KOKE COULIBALY A PROPOS DES PROCES  AFFAIRES RAS BATH, ROSE DE LA VIE CHERE, BAKARY TOGOLA ET AVION PRESIDENTIEL : « La justice ne fait pas d’arrestation arbitraire »

 LE PROCUREUR KOKE COULIBALY A PROPOS DES PROCES  AFFAIRES RAS BATH, ROSE DE LA VIE CHERE, BAKARY TOGOLA ET AVION PRESIDENTIEL : « La justice ne fait pas d’arrestation arbitraire »

Le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Koké Coulibaly, s’est largement exprimé sur les jugements portant sur certains dossiers, notamment l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, l’affaire Youssouf Bathily, dit Ras Bath, et Rokiatou Doumbia, dite Rose de la vie chère, et enfin le dossier Bakary Togola, relatif au détournement des ristournes des paysans.

C’était lors d’une journée portes ouvertes entre les acteurs de la justice et le Conseil national de la jeunesse (CNJ), au Palais des Pionniers, le samedi 17 octobre 2026. Cette conférence, animée par le procureur Koké Coulibaly, a été l’occasion de sensibiliser la jeunesse au fonctionnement de la justice, au respect de la loi et à la nécessité de renforcer la confiance entre les citoyens et l’institution judiciaire. « Il n’y a pas de justice sans État, et il n’y a pas d’État sans justice. Les deux vont ensemble », a déclaré Me Koké Coulibaly au cours de son intervention. À travers cette affirmation, le conférencier a souligné l’interdépendance entre la justice et la stabilité des institutions, particulièrement dans un contexte de crise où la préservation de l’État et la cohésion sociale constituent des enjeux majeurs. Selon lui, la justice étant rendue au nom du peuple, il est essentiel que les citoyens puissent comprendre les procédures judiciaires, les actions entreprises par les acteurs de la justice ainsi que les perspectives d’évolution de certaines affaires. Ainsi, les rencontres citoyennes offrent un cadre privilégié pour expliquer le travail de l’institution judiciaire et dissiper les incompréhensions qui alimentent parfois les débats publics. « Ces genres de rencontres nous permettent d’informer les populations sur les différentes procédures, sur les actions entreprises par la justice et sur les actions à venir », a-t-il expliqué. Elles constituent également, à ses yeux, un moyen de favoriser la collaboration entre les professionnels du droit et les organisations de la société civile, afin de contribuer à l’avènement d’une justice équitable et crédible.

Dans un contexte marqué par des interrogations sur certaines affaires judiciaires ayant suscité de nombreux commentaires, le conférencier a insisté sur l’importance du dialogue et de l’information. Il estime que ces espaces d’échanges peuvent contribuer à lever les équivoques et à réduire les malentendus autour de l’action judiciaire. Tout en précisant qu’il participait à la rencontre en qualité de représentant, Koké Coulibaly s’est engagé à rendre compte aux responsables concernés des préoccupations exprimées par les participants, notamment celles de la jeunesse concernant le fonctionnement de la justice et les attentes des citoyens. Cette démarche traduit la nécessité de renforcer les passerelles entre les institutions judiciaires et la population, dans le respect des procédures et des responsabilités de chacun.

Au-delà de la prévention des infractions, le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bamako a rappelé que l’équilibre entre les droits individuels, le respect des institutions et la tranquillité de l’État demeure indispensable à la stabilité nationale. Il a, dans ce sens, souligné la responsabilité des magistrats dans la vigilance à l’égard des comportements susceptibles de fragiliser l’État et ses institutions. Devant la jeunesse, il est revenu sur ces dossiers brûlants qui ont fait grand bruit et qui continuent de faire couler beaucoup d’encre. D’abord, le procureur Coulibaly a commencé par le dossier de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, dans lequel plusieurs personnalités, hauts gradés militaires et opérateurs économiques ont été poursuivis et condamnés. Il a expliqué aux jeunes qu’il n’avait servi que dans le domaine de la justice et que ces dossiers étaient venus le trouver à la Cour d’appel de Bamako. « L’affaire de l’avion présidentiel et des équipements militaires a commencé à la fin de l’année 2013 et au début de 2014. Ce dossier a été classé à deux reprises. Certaines personnes ont été interpellées sous le régime d’IBK avant d’être relâchées. Quand l’affaire a été reprise, cela a fait beaucoup de bruit parce que certains ont essayé de nuire à la réputation des autorités, de l’État et de la justice. Ils ont dit qu’ils avaient passé beaucoup de temps en prison sans être jugés, alors qu’on leur avait demandé de payer une caution de 500 millions de francs CFA. Certains ont refusé de payer la caution et ont déclaré qu’ils ne pardonneraient pas à celui qui paierait cet argent à leur place. Ils ont tenté de nuire à la réputation de la justice et de l’État. Ils faisaient semblant d’avoir été arrêtés arbitrairement », a-t-il indiqué.

Il a rappelé que tout avait été mis en place le jour du procès pour nuire à la réputation de l’État et des autorités. « Une des accusées est arrivée dans la salle sur une civière, comme un cadavre. Tout a été dit, mais nous avons pris nos responsabilités jusqu’à ce que cette dernière s’assoie pour comparaître devant les juges », a-t-il dit, soulignant qu’au cours du procès, il avait été révélé que l’ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, et celui qui avait le mandat pour l’achat des équipements militaires avaient conclu un contrat de 69 milliards de francs CFA sans impliquer d’autres ministres ou directeurs. « On est arrivé à la conclusion que l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, c’était de l’escroquerie organisée », a affirmé le procureur.

Concernant les procès de Ras Bath et de Rose de la vie chère, il a déclaré avoir demandé aux juges de condamner cette dernière parce que les débats avaient montré qu’elle était coupable des faits qui lui étaient reprochés. « Nous allons faire tout ce qui est de notre mieux, même s’il faut perdre la vie. On est prêt à se sacrifier pour le pays, comme d’autres le font. On va dire la loi et appliquer la loi. La justice ne fait pas d’arrestations arbitraires. La justice ne condamne personne à tort et la justice ne fait pas d’abus de pouvoir », a-t-il clarifié.

YOUSSOUF KONATE

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