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KIDAL : LA SITUATION IMPOSE UN SEUL CHOIX AU FLA, NÉGOCIER AVEC BAMAKO!

 KIDAL : LA SITUATION IMPOSE UN SEUL CHOIX AU FLA, NÉGOCIER AVEC BAMAKO!

Pris entre la pression militaire des autorités maliennes, le repositionnement diplomatique d’Alger et les limites de ses démarches extérieures, le Front de Libération de l’Azawad (FLA) voit ses marges de manœuvre se réduire. Dans ce contexte, un message publié ce week-end par l’un de ses communicants laisse entrevoir une possible inflexion : la paix ne pourrait plus reposer sur des gestes symboliques, mais sur un compromis politique concret.

La reprise de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa), le 6 octobre, a rebattu les cartes dans le nord du Mali. Après avoir quitté la ville en invoquant un « repli stratégique », le FLA a perdu un centre symbolique majeur de sa revendication politique. Si le mouvement conserve des capacités de nuisance et des combattants dans la région, il doit désormais repenser sa stratégie face à un rapport de force modifié.

C’est dans ce contexte que prend tout son sens le message de Attaye Ag Mohamed, présenté comme l’un des communicants du mouvement, publié sur sa page Facebook au cours du week-end. Sans annoncer explicitement l’ouverture de négociations avec Bamako, son texte met l’accent sur une paix fondée sur des mécanismes de gouvernance négociés, plutôt que sur des gestes protocolaires. « La maturité d’un conflit aide très souvent à rationaliser sa résolution durable », écrit-il.

Une formule qui mérite attention, au moment où les options du FLA semblent se resserrer. Pendant longtemps, Kidal a constitué bien davantage qu’une ville pour les mouvements indépendantistes : un symbole politique, un ancrage territorial et un levier de négociation. Sa reprise par les forces maliennes prive donc le FLA d’un atout majeur et renforce la position de Bamako dans toute éventuelle discussion.

Le retrait des combattants a certes permis au mouvement d’éviter une confrontation directe potentiellement coûteuse, mais cette décision ne règle aucune des questions fondamentales. Quel territoire peut-il encore contrôler ? Quels soutiens extérieurs peut-il mobiliser ? Et surtout, comment transformer ses revendications en résultats politiques dans un contexte où les autorités maliennes affichent leur volonté de restaurer leur souveraineté sur l’ensemble du territoire ?

La poursuite de la confrontation comporte des risques considérables. Elle pourrait entraîner de nouvelles pertes humaines, fragiliser davantage les populations et réduire encore les perspectives d’une solution politique. À l’inverse, l’ouverture d’un dialogue offrirait au FLA la possibilité de défendre ses revendications par une autre voie, à condition que Bamako accepte de discuter des modalités concrètes d’une paix durable.

Le repositionnement du FLA intervient également dans un environnement diplomatique en évolution. Après plusieurs mois de tensions, Bamako et Alger ont renoué le dialogue. Cette reprise des contacts entre les deux capitales modifie les calculs des différents acteurs du Nord, même si rien ne permet d’affirmer que Alger dicte les décisions du mouvement. L’Algérie, longtemps au cœur des tentatives de règlement de la crise malienne, pourrait retrouver un rôle dans une éventuelle désescalade.

Sauf que les autorités maliennes, qui ont dénoncé l’ancien cadre de règlement issu de l’Accord d’Alger de 2015, pourraient se montrer réticentes à toute médiation reproduisant les mécanismes du passé. La piste libyenne paraît, elle aussi, incertaine. Selon Africa Intelligence, une délégation du FLA s’est rendue dans l’est de la Libye pour rencontrer Saddam Haftar et solliciter une coopération, notamment en matière d’équipements militaires.

Les demandes seraient toutefois restées sans suite favorable. Cette démarche illustre les efforts du mouvement pour diversifier ses soutiens, mais aussi les limites de ses possibilités extérieures. Entre une Algérie qui renoue avec Bamako et des démarches en Libye dont les résultats semblent limités, le FLA semble découvrir que les soutiens extérieurs ne peuvent durablement remplacer une stratégie politique adaptée au nouveau rapport de force.

« La Paix reviendra insha Allah de la meilleure des façons, à la manière des braves », affirme Attaye Ag Mohamed, avant d’écarter l’idée d’une paix obtenue par « un simple acte médiatisé » ou des « accolades protocolaires ». Plus significatif encore, il évoque « des éléments pragmatiques et concrets de gouvernance pour tous » et « un modèle politique convenu ». Ces expressions suggèrent une réflexion sur les conditions politiques d’une sortie de crise.

L’homme semble insister sur la nécessité d’un accord portant sur le fonctionnement du pouvoir, la gouvernance et les modalités de coexistence entre les différentes composantes du pays. Il rejette également l’idée d’une intégration imposée d’un camp à l’autre, au profit d’un modèle politique accepté par les parties. Le propos ne constitue certes pas, à lui seul, une offre de négociation adressée aux autorités maliennes, mais son insistance sur un compromis politique mérite attention, au moment où la voie militaire paraît de moins en moins favorable au FLA.

S’agit-il d’une opinion personnelle, d’une tentative de préparer les esprits ou d’un message reflétant une évolution plus large au sein du mouvement ? Faute de déclaration officielle, la réponse reste ouverte. Une chose est néanmoins certaine, le vocabulaire employé place la gouvernance et la recherche d’un modèle politique convenu au cœur de la réflexion sur la paix.

Une éventuelle négociation ne saurait cependant se réduire à un arrangement entre dirigeants. Elle devrait en effet clarifier les questions de souveraineté, de gouvernance locale, de représentation des populations, de sécurité et de retour durable de l’administration, sans oublier la souffrance des civils, premières victimes de la prolongation du conflit. Dans tous les cas, la situation semble profiter à l’Etat malien, qui pourrait aborder d’éventuelles discussions avec une confiance renforcée par la reprise de Kidal.

Comme on le voit, négocier avec Bamako semble être le choix le plus réaliste pour le FLA. Encore faut-il que cette perspective se traduise par des initiatives concrètes, et que les deux parties trouvent un terrain d’entente, assortie d’engagements crédibles, des garanties réciproques et une volonté politique durable !

MAIMOUNA DOUMBIA

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