8EME SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL DES MINISTRES DE L’AUTORITÉ DU BASSIN DE LA VOLTA A BAMAKO : LA PRÉSIDENCE DU CONSEIL ATTRIBUÉ AU MALI POUR 02 ANS
La huitième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) s’est tenue le 16 octobre 2026 à l’Hôtel Radisson à Bamako, sous la présidence du ministre des Travaux publics, du Logement et des Ressources en eau de la République du Ghana, Ahmed Ibrahim, président en exercice du Conseil des ministres de l’ABV.
Étaient au présidium lors de la cérémonie d’ouverture : le Directeur exécutif de l’ABV, Robert Y. Dessouasi, président sortant du Conseil des ministres de l’ABV (PCM), le ministre des Travaux publics, du Logement et des Ressources en eau du Ghana, Ahmed Ibrahim, le représentant du Premier ministre, Yaya Gologo, ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, le ministre de l’Énergie et de l’Eau du Mali, Tiemoko Traoré, ainsi que le président du Réseau des parlementaires de l’ABV et président de la Commission Eau, Mines et Énergie du CNT du Mali, l’honorable Hassane Sidibé.
Le premier discours a été prononcé par le Directeur exécutif de l’ABV, suivi de celui du président du Conseil des ministres de l’ABV. Enfin, le discours d’ouverture a été prononcé par le représentant du Premier ministre, le ministre Yaya Gologo.
Dans son intervention, le Directeur exécutif de l’ABV, M. Dessouasi, a rappelé que cette session du Conseil des ministres, la 8e depuis la création de l’ABV en janvier 2007, constituait, pour lui et ses collaborateurs, un rendez-vous hautement souhaité. Cette session leur offrait l’agréable occasion de saluer les ministres de l’ABV et de leur renouveler leur profonde gratitude pour l’appui et le soutien qu’ils apportent constamment à la Direction exécutive de l’ABV dans l’accomplissement de son mandat, celui de « promouvoir une concertation permanente et un développement durable pour un partage équilibré des bénéfices en vue de la réduction de la pauvreté et d’une meilleure intégration socio-économique ». « Ce Conseil, nous l’avons attendu de toutes nos forces depuis fin 2021. Car, nous avions besoin d’être entendus et nous avions besoin de dire ce qui nous est arrivé et ce qui est arrivé à notre institution commune, l’ABV. La barque a tangué, mais fort heureusement, elle n’a pas coulé et elle ne coulera pas », a déclaré le directeur.
Il a la conviction que ce Conseil saura trouver les remèdes nécessaires, à travers des orientations et des conseils avisés, pour permettre à l’ABV, aujourd’hui plus que jamais, de jouer pleinement et efficacement son rôle pivot dans la gestion concertée, paisible et durable des ressources en eau et de ses secteurs connexes dans le bassin de la Volta, notre patrimoine commun.
Dans son discours d’ouverture, le représentant du Premier ministre, Yaya Gologo, ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, a souligné que la création de l’Autorité du Bassin de la Volta procédait d’une ambition visionnaire : celle de faire de la coopération entre nos États un instrument privilégié de gestion concertée des ressources naturelles et de promotion d’un développement partagé. À cet égard, il a rendu un hommage mérité aux chefs d’État et de gouvernement qui ont porté cette vision et posé les fondements de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV). « Leur engagement nous enseigne que les défis communs appellent des réponses collectives et que la solidarité entre les nations africaines constitue une force déterminante pour notre développement. Toutefois, cet héritage ne saurait être seulement une source de fierté. Il constitue également une exigence. Il nous appartient de faire vivre cette ambition par des décisions pertinentes, des engagements crédibles et des résultats concrets, perceptibles dans le quotidien de nos populations », a-t-il dit.
Pour le ministre Gologo, le bassin de la Volta est un patrimoine naturel partagé, un espace de vie, de production et d’échanges pour des millions de femmes et d’hommes. Ses ressources contribuent à la sécurité alimentaire, à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche, à la production d’énergie et, plus largement, au développement économique de nos territoires. « Cette richesse représente une opportunité considérable pour nos États. Mais elle nous impose, en retour, une responsabilité à la mesure de son importance : la préserver, la valoriser de manière durable et la transmettre aux générations futures. L’eau ignore les frontières administratives et politiques. Elle traverse les territoires, relie les communautés et rend manifeste l’interdépendance de nos pays. Dès lors, sa gestion concertée ne relève pas uniquement d’une exigence environnementale ou économique. Elle constitue également un impératif de solidarité, un facteur de confiance mutuelle et un instrument essentiel de paix et d’intégration régionale. Nous devons donc faire de la gestion partagée des ressources en eau un domaine exemplaire de notre coopération, dans le respect des souverainetés nationales, de l’équité entre les États et des intérêts légitimes de chaque pays membre », a-t-il insisté.
Le représentant du Premier ministre a indiqué que les six États membres de l’Autorité du Bassin de la Volta, à savoir le Ghana, le Bénin, le Burkina Faso, le Togo, le Mali et la Côte d’Ivoire, avaient des réalités nationales diverses, mais partageaient une même ressource, des intérêts interdépendants et une responsabilité commune. À cet effet, il a demandé aux différents États de faire de cette diversité une force.
Cette 8e session est intervenue après quatre jours de travaux des experts de l’ABV, qui ont débouché sur des recommandations fortes et pertinentes présentées aux ministres. À l’issue de cette huitième session, le Mali a pris la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV). La Côte d’Ivoire et le Togo obtiennent respectivement les postes de directeur exécutif et de directeur exécutif adjoint. La rencontre a permis aux ministres des six États d’approuver les budgets de l’institution pour 2026 et 2027, fixés respectivement à trois milliards trente-sept millions cinquante-trois mille neuf cent huit (3 037 053 908) francs CFA et à deux milliards cinq cent soixante-quinze millions cent quatre-vingt mille huit cent vingt et un (2 575 180 821) francs CFA.
Les ministres ont adopté les résolutions relatives à l’adoption des rapports techniques et financiers des exercices 2019 et 2020 ; à la prise d’acte des rapports d’audit des exercices 2019 et 2020 ; à la prise d’acte des rapports techniques et financiers des exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025 ; et à la prise d’acte des rapports d’audit des exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025.
Le Conseil a instruit le Directeur exécutif de l’ABV d’élaborer un plan échelonné d’apurement de toutes les dettes de l’institution au plus tard le 31 décembre 2026, d’accélérer la réalisation des études du barrage de Noumbiel, d’élaborer un plan de mobilisation des ressources financières et d’actualiser le plan stratégique et le plan opérationnel de l’ABV. Il invite le président du Conseil des ministres à engager la relecture des textes fondateurs de l’ABV, notamment la Convention, les Statuts ainsi que leurs textes d’application, afin de rendre plus performante la gouvernance de l’institution, en veillant à la représentativité de l’ensemble des États membres au sein du personnel de l’institution. Il invite également les ministres de tutelle de l’ABV à engager le processus d’adoption de la Charte de l’eau du bassin de la Volta par les chefs d’État. Enfin, le Conseil invite le président du Conseil des ministres de l’ABV à organiser la 9e session ordinaire du Conseil des ministres de l’ABV au Ghana, en octobre 2027.
YOUSSOUF KONATE
