FERMETURE DES PARCS À BÉTAIL DE BAMAKO: LA TENSION MONTE ENTRE LES MARCHANDS ET LES AUTORITÉS

 FERMETURE DES PARCS À BÉTAIL DE BAMAKO: LA TENSION MONTE ENTRE LES MARCHANDS ET LES AUTORITÉS

La décision des autorités de fermer ou de délocaliser plusieurs parcs à bétail de la capitale malienne suscite une vive réaction chez les marchands. Entre préoccupations sécuritaires et enjeux économiques, la mesure alimente les débats et fait monter la tension entre les acteurs de la filière et l’administration. Tous retiennent leur souffle aujourd’hui 12 mars 2026, délai annoncé pour ce faire par les autorités !

Les autorités du District de Bamako envisagent la fermeture ou la délocalisation de plusieurs parcs à bétail situés dans différents quartiers de la capitale. L’objectif est de transférer progressivement ces marchés vers des zones situées en périphérie de la ville, notamment vers les localités de Kati, Sanankoroba et Zantiguila. Selon les autorités administratives, cette décision s’inscrit dans une volonté de renforcer la sécurité et d’améliorer l’organisation urbaine de Bamako. Les parcs à bétail, souvent installés dans des zones densément peuplées, poseraient des problèmes d’hygiène, de circulation et d’occupation anarchique de l’espace public. Dans un contexte sécuritaire marqué par des menaces persistantes, les autorités estiment également que la réorganisation de ces marchés permettra de mieux contrôler les activités qui s’y déroulent.

Du côté des commerçants de bétail, la mesure est loin de faire l’unanimité.

De nombreux marchands redoutent les conséquences économiques d’une délocalisation vers la périphérie de la capitale. Pour eux, l’éloignement des nouveaux sites pourrait compliquer l’accès des acheteurs et augmenter considérablement les coûts de transport du bétail. Certains craignent également une baisse des transactions, ce qui pourrait affecter leurs revenus déjà fragilisés par les difficultés économiques et l’insécurité dans certaines zones d’élevage. « Si les parcs sont déplacés loin de Bamako, beaucoup de clients ne feront plus le déplacement », confie un marchand rencontré dans l’un des marchés à bétail de la capitale. Au-delà des commerçants, les consommateurs pourraient également ressentir les effets de cette décision. Les acteurs de la filière estiment que la perturbation des circuits d’approvisionnement pourrait entraîner une hausse du prix du bétail et, par ricochet, celui de la viande sur les marchés de Bamako.

Dans un contexte déjà marqué par la hausse du coût de la vie, et en cette veille de la fête de Ramadan, cette perspective inquiète les ménages, pour qui la viande reste un produit essentiel dans l’alimentation quotidienne.

Face aux préoccupations des marchands, les autorités assurent que des discussions sont en cours avec les représentants de la filière bétail. Elles affirment que des infrastructures seront aménagées sur les nouveaux sites afin de faciliter les activités commerciales. Des mesures d’accompagnement pourraient également être mises en place pour aider les commerçants à s’adapter à cette transition.

En attendant, la question de la fermeture des parcs à bétail reste sensible et illustre les difficultés de concilier sécurité, organisation urbaine et préservation des activités économiques dans la capitale malienne. ■

MAÏMOUNA DOUMBIA

LE SOIR DE BAMAKO

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