LES LOGEMENTS SOCIAUX DE N’TABAKORO SOUS HAUTE TENSION: PLUSIEURS FAMILLES DÉLOGÉES SANS DÉCISION DE JUSTICE

 LES LOGEMENTS SOCIAUX DE N’TABAKORO SOUS HAUTE TENSION: PLUSIEURS FAMILLES DÉLOGÉES SANS DÉCISION DE JUSTICE

La situation est sous haute tension aux Logements sociaux de N’Tabakoro. Depuis quelques jours, les forces de la Gendarmerie nationale ont été mobilisées sur place pour procéder à l’évacuation de plusieurs familles. Entre désarroi des habitants et application de la loi, le débat sur l’accès au logement au Mali est plus que jamais relancé.

Dans une vidéo publiée sur la toile, le samedi 07 mars 2026, les membres de certaines familles ont lancé un appel à l’aide au directeur de la Gendarmerie et aux autorités face à la situation. Selon eux, des gendarmes ont été envoyés pour déloger ces familles de leurs habitations sans décision de justice. Les agents de l’Office malien de l’Habitat (OMH) auraient enlevé les battants des portes et les volets des fenêtres et coupé les robinets pour obliger les occupants à déguerpir des lieux. Des gendarmes sont restés devant les portes pendant des jours, interdisant aux membres de ces familles l’accès à l’eau et à la nourriture pendant ce mois de Ramadan.

Selon le secrétaire général du collectif des bénéficiaires des logements sociaux, Yougo Ibrahim Sanogo, ils sont au nombre de 310 personnes dans cette situation. « Nous avons déposé nos dossiers à l’OMH en bonne et due forme. Ils nous ont indiqué leurs notaires, agents assermentés de l’État, des officiers de l’État, à savoir Me Madina Dème, Me Aminata Sy, Me Ouane et autres. Nous avons signé notre contrat en 2019-2020. Et après, chacun est allé faire ses branchements à l’EDM et à la SOMAGEP. Deux ans plus tard, ils ont dit que nos documents ne sont pas valables. Alors que nous avons déposé nos dossiers à l’Office malien de l’Habitat et les responsables de cette structure nous ont orientés jusqu’à ce que nous ayons nos récépissés et notifications en bonne et due forme. Quelques instants après, ils nous ont assignés à déguerpir les lieux », a expliqué le secrétaire général du collectif.

Il a souligné que le collectif a engagé un avocat pour défendre leur cause. Et le collectif des bénéficiaires des logements sociaux a eu gain de cause devant le tribunal de première instance. Il est écrit dans le document de ce procès que « le juge des référés déclare n’y avoir lieu à statuer en référé à l’égard de l’État. Renvoyons par conséquent les parties à mieux se pourvoir. Laissons les dépens à la charge des requérants ».

Selon M. Sanogo, comme ils ont compris que l’OMH veut les déloger de leurs habitations, ils ont introduit une assignation en confirmation de droit de propriété. « Statuant par jugement contradictoire en matière civile et en premier ressort, en la forme reçoit les demandes de Aboubacrine Aguissa et les autres en leur assignation. Au fond, déclare leur action bien fondée, y faisant droit, confirme leur droit de propriété sur les logements sociaux attribués par la direction de l’Office malien de l’Habitat. Ordonne à l’OMH la cessation de trouble à leur égard. Met les dépens à la charge de l’OMH ». Donc, pour le secrétaire, tout est clair. C’est la justice qui a décidé que ces familles restent dans les logements. « Le directeur général de la Gendarmerie est interpellé. Nous avons une décision judiciaire qui fait foi.

Malgré tout cela, les forces de l’ordre font opposition à une décision judiciaire », a-t-il lancé. Contacté par notre rédaction, l’Office malien de l’Habitat a fait savoir qu’ils sont en train de tout mettre en œuvre pour donner des explications sur la situation de ces familles qui occupent les logements sociaux à N’Tabacoro. Ce document sera disponible dans les prochains jours, quand les voix autorisées donneront leur quitus. ■

 YOUSSOUF KONATE

LE SOIR DE BAMAKO

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