TAXES SUR LA TÉLÉPHONIE: LE FRONT POPULAIRE CONTRE LA VIE CHÈRE INTERPELLE LES AUTORITÉS

 TAXES SUR LA TÉLÉPHONIE: LE FRONT POPULAIRE CONTRE LA VIE CHÈRE INTERPELLE LES AUTORITÉS

Depuis le 5 mars 2025, le Mali applique une série de nouvelles taxes sur les services de téléphonie et les transactions financières mobiles. Présentées par les autorités comme un moyen de mobiliser davantage de ressources pour financer le développement national, ces mesures continuent toutefois de susciter une vive inquiétude au sein de la population.

D’où l’interpellation du Front Populaire contre la Vie chère au Mali ! Concrètement, les nouvelles dispositions prévoient une retenue de 10 % sur chaque recharge téléphonique, un prélèvement de 1 % sur les retraits effectués via les services de mobile money, notamment Wave et Orange Money, ainsi qu’une augmentation de la taxe sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications, passée de 5 % à 7 %. Dans un message adressé à leurs abonnés, les opérateurs de téléphonie mobile avaient informé que, conformément aux textes en vigueur, une contribution serait désormais appliquée sur les recharges téléphoniques, les factures ainsi que sur certains services financiers mobiles. Ainsi, pour une recharge de 1000 FCFA, l’utilisateur ne bénéficie désormais que de 900 FCFA de crédit de consommation, les 100 FCFA restants correspondant à la taxe prélevée. Adoptée en Conseil des ministres le 5 février 2025, cette décision est cependant loin de faire l’unanimité. Pour de nombreux Maliens, cette nouvelle pression fiscale intervient dans un contexte économique déjà particulièrement difficile. La fermeture ou la réduction des activités de plusieurs organisations non gouvernementales a entraîné des pertes d’emplois dans plusieurs secteurs, tandis que les problèmes persistants d’approvisionnement en électricité ont fortement affecté l’activité de nombreux artisans et petits entrepreneurs.

Dans ce climat de précarité, certains observateurs estiment que cette taxation supplémentaire vient alourdir davantage les charges supportées par les ménages, alors même que la téléphonie mobile et les services financiers numériques sont devenus des outils essentiels du quotidien.

Face à cette situation, le Front populaire contre la vie chère appelle les autorités à revoir la mesure. Sa présidente, Mariam Koné, estime que ces taxes devraient être réévaluées à la baisse, voire suspendues, afin de soulager les populations. Selon elle, les objectifs annoncés de ces prélèvements ne semblent pas encore se traduire par des améliorations visibles dans les conditions de vie des citoyens. Les difficultés liées à l’électricité persistent, tandis que l’état de certaines infrastructures publiques continue de susciter des interrogations.

Au-delà de la controverse, ce débat relance la question sensible de l’équilibre entre mobilisation de ressources publiques et protection du pouvoir d’achat des populations, dans un contexte où les Maliens restent confrontés à de multiples défis économiques et sociaux. ■

MAÏMOUNA DOUMBIA

LE SOIR DE BAMAKO

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