PRESIDENT OUATTARA FAIT PREUVE DE GRANDEUR, AVEC LA GRACE PRESIDENTIELLE: L’ANCIEN DÉPUTÉ MALIEN, MAHAMADOU AWA GASSAMA FINALEMENT LIBÉRÉ À ABIDJAN, ET DE RETOUR AU BERCAIL !
La nouvelle a circulé avec insistance avant d’être confirmée par son avocat : Mahamadou Hawa Gassama, membre du Conseil national de transition (CNT) du Mali, a effectivement recouvré la liberté, quelques jours seulement après sa condamnation à trois ans de prison ferme par la justice ivoirienne pour offense au Président Alassane Ouattara.
Si la défense est resté volontairement discrète sur les circonstances exactes de cette libération, l’on sait a present, qu’il est libre car le Président ivoirien lui a accordé une grâce présidentielle. Arrêté le 2 juillet 2025 à son arrivée en Côte d’Ivoire, alors qu’il effectuait un séjour privé, il fut incarcéré à Abidjan, poursuivi pour « offense au chef de l’État », « injure » et « propos outrageants diffusés via un système d’information ». Le Tribunal de première instance d’Abidjan l’avait condamné, le 30 janvier 2026, à trois ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une lourde amende d’environ 5 millions de francs CFA et d’une interdiction de séjour en Côte d’Ivoire après l’exécution de sa peine. Le verdict avait suscité de vives réactions, tant au Mali que dans la sous-région, relançant le débat sur la liberté d’expression des responsables politiques et la judiciarisation des conflits diplomatiques. La confirmation de la libération de Mahamadou Hawa Gassama par son avocat marque un tournant inattendu dans cette affaire.
Le chef de l’État dispose en effet du pouvoir constitutionnel de gracier un condamné, notamment lorsque l’affaire revêt une dimension diplomatique sensible ou lorsqu’un geste d’apaisement est jugé opportun.
Dans un contexte régional fragile, une telle décision pourrait s’inscrire dans une logique de désescalade, sans pour autant remettre en cause l’autorité de la justice ivoirienne. Cette grâce présidentielle traduit une volonté de désamorcer une crise diplomatique latente et un message d’apaisement à l’égard des autorités maliennes, mais aussi un signal adressé à l’opinion internationale sur la capacité d’Abidjan à privilégier la stabilité régionale.
Elle pose néanmoins, une fois encore, la délicate question de l’équilibre entre liberté d’expression, responsabilité politique et protection de l’institution présidentielle. ■
MAÏMOUNA DOUMBIA
