POUR TENTER DE «REINITIALISER» LE DIALOGUE ET ÉTABLIR DE NOUVELLES RELATIONS SUITE AUX RÉCENTS FAUX PAS POLITIQUES ENTRE LE MALI ET LES USA : LE NOUVEAU PATRON DES AFFAIRES AFRICAINES ATTENDU AUJOURD’HUI À BAMAKO
Nick Checker, le nouveau chef du bureau des affaires africaines du Département d’État américain, est attendu à Bamako ce lundi 2 février 2026. Surnommé le nouveau « Monsieur Sahel » de Washington, il vient tenter de « réinitialiser » le dialogue et d’établir de nouvelles relations avec les autorités de transition du Mali. Cette visite intervient dans un climat de forte réciprocité restrictive.
Depuis le 1er janvier 2026, les États-Unis ont durci les restrictions d’entrée pour les ressortissants maliens, à quoi le Mali a répondu par une suspension de l’entrée des citoyens américains, sauf dérogations pour les diplomates et certains cas spécifiques. Cette mission est perçue comme un signe d’ouverture de la part de l’administration américaine afin de ne pas rompre totalement les liens avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les relations entre le Mali et les États-Unis connaissent un tournant majeur en ce début d’année 2026, marqué par une phase de tensions diplomatiques sur les visas, suivie d’une tentative de « réinitialisation» pragmatique.
Depuis le 1er janvier, les échanges consulaires sont fortement perturbés par des restrictions mutuelles. L’administration américaine a ajouté le Mali, ainsi que le Burkina Faso et le Niger, à sa liste de nationalités faisant l’objet de restrictions de visa, invoquant des raisons de sécurité liées à la gestion des documents d’identité et aux antécédents judiciaires. Le 2 janvier 2026, le ministère malien des Affaires étrangères a annoncé la suspension de l’entrée des ressortissants américains sur son territoire par application du principe de réciprocité. Les discussions devraient porter sur la lutte contre le terrorisme et la recherche d’un nouveau format de collaboration sécuritaire, alors que Washington cherche à maintenir une présence diplomatique malgré les tensions politiques régionales.
À travers ce déplacement, l’administration américaine entend notamment redynamiser ses relations avec les trois pays qui composent l’AES dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Tel est du moins la lecture qui est faite à Bamako de la visite de Nick Checker, ce que confirme un diplomate américain, précisant que les échanges de renseignements et les opérations ponctuelles de lutte contre le terrorisme restent possibles avec les trois pays. Mais au Mali, l’émissaire américain n’omettra pas non plus de mettre sur la table les intérêts économiques des États-Unis dans la région. ■
LAYA DIARRA
