ENIÈME DRAME AU 3È PONT DE BAMAKO : UNE FEMME D’UNE TRENTAINE D’ANNÉE POSE SON SAC ET SE JETTE DANS L’EAU
Un nouveau drame s’est produit au troisième pont du district de Bamako dans la nuit du vendredi au samedi 31 janvier 2026. Une femme, âgée d’une trentaine d’années, se serait jetée du haut du pont après avoir déposé son sac à main sur la chaussée.
Celui-ci contenait notamment son téléphone portable. Les circonstances exactes de ce geste désespéré demeurent floues. Une enquête a toutefois été ouverte au commissariat de police de Bolibana, ancien 2ᵉ arrondissement de Bamako, afin d’en déterminer les causes. Selon plusieurs témoins, il était environ 21 heures lorsque les faits se sont produits. À ce stade, nul ne peut affirmer avec certitude les motivations de la victime. D’après les premières informations, la jeune femme serait arrivée sur le pont aux environs de 21 heures le vendredi 30 janvier 2026, probablement à bord d’un mototaxi. Peu après, son sac à main, contenant son téléphone et quelques effets personnels, aurait été retrouvé abandonné sur le pont, au-dessus d’une zone où les eaux du fleuve étaient particulièrement agitées, rendant toute tentative de sauvetage extrêmement difficile. Au moment où nous mettions sous presse, le corps n’avait pas encore été retrouvé. Selon des proches, il s’agirait d’Ana Bagayogo, âgée d’environ 36 ans, mariée puis divorcée, mère d’un enfant et résidant à Kati Malibougou.
Elle aurait traversé des difficultés psychologiques et aurait déjà tenté par le passé de mettre fin à ses jours, une tentative alors empêchée. Ces informations restent toutefois à confirmer par l’enquête en cours.
Aux environs de 22 heures, la brigade fluviale, appuyée par les Bozos, pêcheurs traditionnels, poursuivait activement les recherches dans le fleuve, dans l’espoir de retrouver la disparue ou d’apporter des éléments utiles à l’enquête. Ce type d’incident devient malheureusement récurrent ces dernières années au niveau du troisième pont. En octobre 2025, une tentative de suicide avait été évitée de justesse grâce à l’intervention des Bozos. Un homme s’était jeté dans le fleuve avant d’être repêché sain et sauf par les pêcheurs. Arrivé à moto en compagnie d’un proche identifié comme son neveu, il avait demandé au conducteur de s’arrêter au milieu du pont avant de se précipiter dans les eaux du fleuve Niger. Alertés par les cris des témoins, les pêcheurs s’étaient immédiatement mobilisés, évitant ainsi le pire. Quelques mois plus tard, un nouveau drame survient au même endroit.
Cette situation interpelle l’ensemble de la société. Des mécanismes d’écoute, d’accompagnement psychologique et de prévention doivent être renforcés, notamment en faveur des personnes en détresse, afin d’éviter la répétition de tels drames. ■
YOUSSOUF KONATE
