SELON L’INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION 2025 DE L’ONG TRANSPARENCY INTERNATIONAL: LE MALI DANS LE BAS DU CLASSEMENT

 SELON L’INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION 2025 DE L’ONG TRANSPARENCY INTERNATIONAL: LE MALI DANS LE BAS DU CLASSEMENT

L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025, publié par Transparency International, dresse un constat préoccupant pour notre pays. Avec un score de 28 sur 100, le Mali se classe 136e sur 180 pays et territoires évalués à travers le monde. Il se situe ainsi nettement en dessous de la moyenne mondiale (42/100) et de la moyenne de l’Afrique subsaharienne (32/100).

Ce positionnement nous place dans le dernier tiers du classement mondial, aux côtés des pays où la corruption dans le secteur public est perçue comme particulièrement élevée. Dans l’espace AES, les écarts sont révélateurs : le Burkina Faso obtient 40/100, soit 12 points de plus que le Mali, alors que le Niger affiche 31/100. Le Mali apparaît ainsi comme le pays le moins bien classé du trio sahélien, notamment vis-à-vis du Burkina Faso. Au sein de l’Afrique de l’Ouest, la situation malienne est tout aussi préoccupante. Plusieurs pays enregistrent des scores nettement supérieurs : le Cap-Vert atteint 62, le Sénégal 46, le Bénin 45, la Côte d’Ivoire et le Ghana 43 Même si certains pays comme le Nigeria (26/100) se situent légèrement en dessous, la majorité des États de la région devancent le Mali.

Ainsi, aussi bien à l’échelle mondiale que régionale, le Mali occupe une position défavorable, et ce malgré les efforts des autorités de la Transition pour lutter contre la corruption et les rapports régulièrement publiés par le Bureau du Vérificateur général.

L’Indice de perception de la corruption repose sur l’analyse de 13 sources de données indépendantes provenant d’institutions internationales, de banques de développement, d’organismes d’évaluation des risques et d’instituts de recherche. Il couvre 180 pays et territoires et mesure les niveaux perçus de corruption dans le secteur public sur une échelle allant de 0 (fortement corrompu) à 100 (très intègre). Le score de 28/100 et la 136e place mondiale constituent un signal fort pour les autorités : au-delà du classement, l’IPC est un indicateur scruté par les investisseurs, les partenaires techniques et financiers et les institutions internationales. Comparé à ses voisins de l’AES et à la majorité des pays de la CEDEAO, le Mali apparaît en net retrait, et il est important de trouver rapidement des solutions afin que les deniers publics ne se retrouvent pas dans des nations étrangères. En effet, les fortes sommes détournées dans les pays les plus bas dans les classements de corruption sont souvent investies dans des pays plus hauts sur la même échelle, car considérés comme plus justes et possédant de meilleures infrastructures. Ainsi, un milliard détourné au Mali s’injecte dans les économies européennes, arabes, turques et américaines par le biais d’achats de biens immobiliers, faisant ainsi à jamais disparaître des sommes colossales qui auraient pu servir à la construction d’infrastructures modernes pour les citoyens maliens.

Encore plus ironiquement, souvent, une fois arrivés à un âge avancé, ces mêmes détourneurs de fonds publics se retrouvent à devoir quitter le pays où ils ont tout obtenu pour vivre dans des nations au système sanitaire plus avancé, une problématique qu’ils n’auraient pas eu à affronter s’ils avaient simplement laissé l’argent indûment emprunté être utilisé à bon escient.

Ce mode opératoire est antithétique à celui utilisé par la Chine dans les années 80 : le gouvernement chinois autorisait les entreprises et les particuliers étrangers à investir autant qu’ils le voulaient sur leur territoire, tout en mettant de fortes restrictions à la sortie d’argent. Cette stratégie créait un système permettant l’entrée, mais pas la sortie, de ressources, créant ainsi un boom économique. Ce système est d’ailleurs toujours en place aujourd’hui, forçant les riches Chinois à investir dans des objets de luxe (bijoux, sacs, voitures) qui seront ensuite envoyés à l’extérieur puis revendus à moindre prix, souvent par leurs enfants.

La « bourgeoisie » africaine en général a un mode opératoire qui est opposé à ce système, transférant les deniers publics de nations déjà en difficulté vers des comptes off-shore et des biens immobiliers. Voilà la base de tous les problèmes de notre continent : en plus de la fuite des cerveaux des plus éduqués, nous assistons également à une fuite des biens publics à travers ceux qui sont censés protéger nos finances. ■

 LAYA DIARRA

LE SOIR DE BAMAKO

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