LE PRÉSIDENT GOÏTA PROFITE DES VŒUX DE NOUVEL AN AU CORPS DIPLOMATIQUE, POUR RÉPONDRE AUX PAYS DÉSIREUX DE REDEVENIR DES PARTENAIRES STRATÉGIQUES : «JE SALUE LES DÉMARCHES DE DIALOGUE ENGAGÉES… LE MALI NE FERME AUCUNE PORTE »  

 LE PRÉSIDENT GOÏTA PROFITE DES VŒUX DE NOUVEL AN AU CORPS DIPLOMATIQUE, POUR RÉPONDRE AUX PAYS DÉSIREUX DE REDEVENIR DES PARTENAIRES STRATÉGIQUES : «JE SALUE LES DÉMARCHES DE DIALOGUE ENGAGÉES… LE MALI NE FERME AUCUNE PORTE »  

Le mardi 10 février 2026, au Palais de Koulouba, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accordé une audience au Corps diplomatique accrédité au Mali, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie d’échange de vœux du Nouvel An.

Lors de cette rencontre, le Chef de l’État a tenu à rappeler les grands axes de la diplomatie souveraine prônée par les autorités de la Transition. Dans un environnement international marqué par des bouleversements majeurs, il a réaffirmé la vision et les orientations stratégiques du Mali en matière de politique étrangère. Dans son allocution, le Président Goïta a inscrit l’année 2026 sous le sceau du dialogue constructif, d’une coopération franche et de partenariats bâtis sur le respect réciproque. Revenant sur les tensions géopolitiques, les crises économiques et humanitaires ainsi que sur l’érosion du multilatéralisme observée au cours de l’année écoulée, il a souligné que le Mali a opté pour une dynamique de refondation fondée sur la souveraineté nationale, la responsabilité et la pleine liberté de ses choix stratégiques. « Nous avons tracé une ligne, celle de la souveraineté et de la responsabilité. Notre pays a choisi la dignité, le respect, la liberté de ses choix stratégiques et l’indépendance. Cette réorientation repose sur une conviction simple : le Mali est l’ami de tous ceux qui le souhaitent, dans le respect de ses principes, de ses choix stratégiques et de ses intérêts vitaux. Désormais, nos partenariats se construisent sur une base sincère, sans tutelle, sans injonction, sans instrumentalisation », a déclaré le Chef de l’État.

Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a souligné que le Mali reste déterminé à entretenir des relations constructives avec tous les États et organisations respectant sa souveraineté et œuvrant de bonne foi pour répondre aux aspirations légitimes du peuple malien.

Dans ce cadre, il s’est réjoui du renforcement du dialogue politique et des nombreuses accréditations diplomatiques reçues, témoignant d’un regain d’intérêt pour le Mali et pour l’espace confédéral de l’Alliance des États du Sahel (AES). Abordant la situation sécuritaire, le Chef de l’État a salué les avancées obtenues grâce à l’engagement constant des Forces de Défense et de Sécurité dans une guerre asymétrique complexe et exigeante. Ces progrès, a-t-il expliqué, résultent d’un effort national soutenu, reposant sur la montée en puissance de nos forces, l’adaptation continue du dispositif et la détermination de nos combattants. Il a présenté la Confédération de l’AES comme une réponse régionale coordonnée aux défis sécuritaires et de développement, affirmant qu’elle constitue désormais une voix crédible pour le Sahel sur la scène internationale. Le Président a également alerté sur les campagnes de désinformation ciblant les pays de l’AES. Selon lui, ces actions, orchestrées par des acteurs étrangers, visent à affaiblir le moral collectif et à diviser la société. « La désinformation, les manipulations et les campagnes de dénigrement sont devenues des instruments de pression politique contre nos pays. Elles constituent une forme de violence, une méthode de soumission et, dans leurs effets, une autre facette du terrorisme. Notre réponse sera ferme et mesurée : elle s’appuiera sur la cohésion nationale, la solidité des institutions, la transparence de l’action publique et l’accès des citoyens à une information fiable. Nous ne céderons ni à la peur, ni à la confusion. Face aux récits fabriqués, nous opposerons la vérité des faits et l’unité de la Nation », a-t-il affirmé avec force.

Sur le plan interne, le Président Goïta a rappelé la poursuite du processus de refondation de l’État, centré sur le renforcement de la justice, la lutte contre la corruption, la modernisation de l’administration et la restauration de la confiance entre gouvernants et gouvernés.

Cette démarche s’inscrit dans la Vision «Mali Kura ɲ taasira ka b n san 2063 ma » ainsi que dans la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. Il a annoncé que la période 2026-2027 sera dédiée à l’Éducation et à la Culture, afin de valoriser le capital humain et le patrimoine culturel du pays. Sur le plan économique, le Chef de l’État a réaffirmé la volonté du Mali de promouvoir des solutions endogènes, de renforcer sa souveraineté énergétique et d’encourager des investissements générateurs d’emplois et de transfert de compétences. « Le Mali accueille ceux qui viennent construire et contribuer, mais refuse ceux qui viennent dicter ou diviser. Nous soutenons les projets qui renforcent notre souveraineté et non ceux qui entretiennent notre dépendance », a-t-il conclu. Le Président Goïta a réaffirmé l’engagement du Mali envers les principes de la Charte des Nations Unies, en insistant sur le respect de l’intégrité territoriale des États, la non-ingérence et le règlement pacifique des différends. Ce fut aussi l’occasion pour le Président Goita, de lancer un messager à tout pays désireux d’être partenaire avec notre pays. Il a assuré que les autorités maliennes restent ouvertes à toute initiative sincère, fondée sur l’écoute des peuples et le respect mutuel entre États. « Je salue les démarches de dialogue menées avec plusieurs partenaires, y compris ceux qui souhaitent aujourd’hui refonder leurs relations avec le Mali sur des bases de respect mutuel. Le Mali ne ferme aucune porte. Les principes qui guident notre coopération sont désormais clairs pour tous et inscrits en lettres d’or dans notre constitution », a-t-il déclaré.

Une déclaration qui semble répondre aux dernières démarches de l’oncle Sam.

En effet, nombreux sont les émissaires que l’administration Trump à envoyer aux autorités maliennes, afin de leur soumettre leur désir d’approfondir leur coopération et redevenir des partenaires stratégiques avec le Mali. Le dernier en date, n’est autre que la venue, Début février 2026, de Nick Checker, Haut Fonctionnaire au Bureau des Affaires africaines du Département d’État américain. Parmi les priorités abordées figuraient la lutte contre le terrorisme et la promotion des échanges économiques et commerciaux, dans une logique de partenariat mutuellement bénéfique. Lors de sa visite, le diplomate américain a réaffirmé le respect des États-Unis pour la souveraineté du Mali et exprimé la volonté de Washington de redynamiser la coopération bilatérale sur des bases nouvelles, fondées sur le respect mutuel et sans ingérence. Cet intérêt des États-Unis, ne semble pas laisser de marbre le Président de la Transition, puisqu’il a souligné qu’aucune porte n’est fermée. Cependant, ces propos, souligne aussi que les intentions doivent se traduire par des actes concrets. Car au-delà des paroles toutes faites, le Président de la Transition attend, semble-t-il l’accompagnement d’une action politique ou diplomatique reflétant le désir réel d’un pays à approfondir ces relations avec notre pays.

Alors, la balle est dans le camp de tout pays désireux de montrer sa bonne volonté à travers une action ! Dans le cas des États-Unis, la Levée des restrictions d’entrée aux ressortissants maliens, prise sans consultation préalable avec Bamako, ne serait-il pas un bon début afin de séduire nos autorités ? ■

YOUSSOUF KONATE

LE SOIR DE BAMAKO

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