CENTRE CULTUREL ISLAMIQUE DE BAMAKO: 16 MOIS SANS SALAIRE: LA SITUATION EST DEVENUE INTENABLE POUR LES TRAVAILLEURS !

 CENTRE CULTUREL ISLAMIQUE DE BAMAKO: 16 MOIS SANS SALAIRE: LA SITUATION EST DEVENUE INTENABLE POUR LES TRAVAILLEURS !

Un climat de forte tension règne au Centre Culturel Islamique de Bamako, où de nombreux employés dénoncent des arriérés de salaire pouvant atteindre seize mois. Cette situation alarmante alimente une grogne sociale grandissante au sein de cette institution culturelle de renom.

Depuis plusieurs mois, les travailleurs affirment vivre dans une précarité financière extrême, certains n’ayant pas perçu de rémunération régulière depuis plus d’un an, selon des sources syndicales. Ces retards prolongés, qui se sont accumulés jusqu’à seize mois pour certains agents, ont des répercussions directes sur les conditions de vie des employés et de leurs familles. « Nous avons des familles à nourrir, des factures à honorer, et chaque mois sans salaire plonge davantage nos ménages dans la difficulté », témoigne un employé du centre, visiblement éprouvé.

Face à cette crise sociale, le comité syndical du Centre Culturel Islamique s’est fortement mobilisé afin de porter la voix des travailleurs.

Réuni lundi dernier, il a dénoncé un manque de transparence dans la gestion des ressources humaines et financières de l’institution. Les représentants syndicaux exigent notamment le paiement immédiat des arriérés de salaire, l’élaboration d’un calendrier clair et crédible pour les versements à venir, ainsi qu’une réforme des mécanismes de gestion interne afin d’éviter la répétition de telles situations. « Nous ne demandons ni faveur ni assistance, mais simplement le respect de nos droits fondamentaux, à commencer par le paiement régulier de nos salaires », a martelé le porte-parole du comité syndical. Du côté de la direction du Centre Culturel Islamique, la gravité de la situation est reconnue. Les responsables évoquent toutefois des difficultés financières persistantes, imputées notamment à des retards dans les financements externes. « Nous comprenons parfaitement le mécontentement des travailleurs, mais la structure fait face à des retards de subventions et à des contraintes budgétaires indépendantes de notre volonté », a expliqué un membre de la direction. Celle-ci assure par ailleurs que des discussions sont en cours avec les partenaires financiers et que des mesures progressives seront mises en œuvre pour régulariser la situation salariale.

Au-delà de la question des salaires, cette crise met en évidence les fragilités auxquelles sont confrontées plusieurs institutions culturelles au Mali.

Le Centre Culturel Islamique de Bamako, acteur majeur de la promotion culturelle, artistique et du dialogue social, se retrouve aujourd’hui affaibli par ces tensions internes. Plusieurs observateurs estiment que l’absence de solution rapide pourrait non seulement affecter le moral des employés, mais aussi compromettre l’efficacité et la pérennité des programmes culturels et éducatifs portés par le centre. C’est pourquoi des appels se multiplient en faveur d’une concertation urgente impliquant la direction, les représentants syndicaux, les autorités culturelles et les partenaires financiers. L’enjeu est de parvenir à une solution durable, conciliant stabilité institutionnelle et respect des droits des travailleurs.

Dans un contexte économique déjà éprouvant pour de nombreux Maliens, la crise sociale au Centre Culturel Islamique de Bamako rappelle avec acuité l’importance d’un dialogue social efficace et d’un soutien financier fiable pour garantir la survie et la crédibilité des institutions culturelles. ■

MAÏMOUNA DOUMBIA

LE SOIR DE BAMAKO

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