NOUVELLE TRAGÉDIE SUR LE FLEUVE À DIRÉ: CINQ PASSAGERS PORTÉS DISPARUS APRÈS LE CHAVIREMENT D’UNE PINASSE DANS LE VILLAGE DE DANGHA
Les populations de la région de Tombouctou sont une nouvelle fois frappées par le deuil, à la suite d’un autre drame survenu sur le fleuve Niger. Une pinasse a chaviré le dimanche 25 janvier dernier à Dangha, dans le cercle de Diré, plongeant plusieurs familles dans l’angoisse et la douleur.
D’après des sources locales, le conducteur de l’embarcation a pu être sauvé. En revanche, cinq (05) passagers restent portés disparus à ce jour. Les équipes de secours, appuyées par les riverains, ont aussitôt été mobilisées pour tenter de retrouver les victimes, malgré les difficultés liées aux conditions de recherche. Ce nouveau naufrage intervient seulement deux semaines après une tragédie similaire enregistrée dans la même région, qui avait causé la mort de plusieurs dizaines de personnes. Dans la nuit du jeudi au vendredi 9 janvier 2026, des forains en provenance de Bourem Sidi Amar, qui se rendaient à Tonka où leurs proches les attendaient, avaient vu leur embarcation se renverser en pleine traversée. Dans un premier temps, quatre corps avaient été repêchés, tandis que plus d’une trentaine de personnes étaient portées disparues. Des opérations de recherche avaient alors été engagées avec la participation active des populations locales et des autorités administratives. Toutefois, la profondeur du fleuve et l’immersion totale de la pinasse avaient fortement compliqué les interventions.
Le bilan définitif avait finalement été revu à la hausse, faisant état d’au moins trente-trois (33) décès.
Au-delà de la lourde perte en vies humaines, ce naufrage avait également porté un sérieux coup à l’économie locale, avec la disparition de importantes quantités de riz et d’autres marchandises destinées aux marchés riverains. À ce stade, les causes exactes de ces accidents fluviaux n’ont pas encore été officiellement établies. Néanmoins, la répétition de ces drames remet au premier plan la problématique de la sécurité sur les voies navigables du pays. Parmi les facteurs souvent évoqués figurent la surcharge des embarcations, l’absence de gilets de sauvetage, le non-respect des règles de navigation et le manque d’équipements de secours adaptés. Face à cette situation préoccupante, les autorités sont appelées à renforcer les mesures de prévention afin d’endiguer les chavirements récurrents de pinasses reliant le centre et le nord du Mali. Pour de nombreuses communautés, ces embarcations constituent en effet le principal moyen de transport entre les localités riveraines du fleuve Niger et de ses affluents. Souvent motorisées, elles transportent parfois des centaines de passagers ainsi que plusieurs tonnes de marchandises. En 2024 déjà, à la suite de la multiplication des naufrages, le gouverneur de la région de Tombouctou avait pris des dispositions visant à renforcer les contrôles de routine sur le fleuve. Cette initiative, saluée à l’époque, visait à prévenir de nouvelles catastrophes. Le chef de l’exécutif régional avait alors invité les acteurs de la navigation fluviale à davantage de vigilance, au strict respect des normes d’embarquement ainsi qu’aux règles élémentaires de conduite, notamment lors des traversées nocturnes.
Au regard des accidents qui se succèdent ces derniers mois, la relance et le renforcement de ces mesures apparaissent aujourd’hui indispensables afin de réduire, voire mettre un terme, aux drames récurrents sur le fleuve. ■
YOUSSOUF KONATE
