INSTAURATION D’UNE MESURE DRACONIENNE À TOMBOUCTOU: IL EST DÉSORMAIS FORMELLEMENT INTERDIT DE TRANSPORTER ET D’HÉBERGER LES MIGRANTS

Pour des raisons de sécurité, les autorités de la région de Tombouctou durcissent les mesures. C’est en tout cas ce que l’on est en droit d’affirmer après l’annonce d’une nouvelle mesure draconienne.
En effet, dans une note qui circule depuis la semaine dernière, il est porté à la connaissance des populations qu’il est formellement interdit de transporter et d’héberger des migrants dans les villes de la région. Cette mesure intervient quelques heures après un changement opéré dans l’application du couvre-feu en vigueur depuis quelque temps. Dans le communiqué diffusé, le colonel commandant le secteur de l’opération DOUGOUKOLOKO informe la population et les syndicats des transporteurs de la ville de Tombouctou qu’il est désormais strictement interdit de transporter ou d’héberger des migrants dans les villes de Tombouctou. Cette mesure sécuritaire s’inscrit dans le cadre de la protection des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue de la région, et entre en vigueur à compter du 5 juillet 2025.
Par conséquent, tout contrevenant à cette mesure s’expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur. Le commandant du secteur 3 de l’opération DOUGOUKOLOKO affirme compter sur la compréhension de tous.
Le mardi 1er juillet dernier, des attaques lâches et barbares ont été perpétrées dans les régions de Kayes et de Ségou. Il s’agit de sept (7) attaques simultanées le long des frontières avec le Sénégal et la Mauritanie, notamment dans la grande ville de Kayes, ainsi qu’à Nioro du Sahel et à Niono. Une attaque inédite, accompagnée de revendications diffusées par les terroristes. En dressant le bilan de ces attaques, le porte-parole de la DIRPA a affirmé que plus de 80 terroristes ont été neutralisés par les Forces Armées Maliennes (FAMa), qui ont également récupéré un important arsenal de guerre. L’état-major a confirmé que ces attaques simultanées et coordonnées ont été soutenues par des sponsors étatiques, sans toutefois en préciser l’identité.
Un couvre-feu nocturne a été instauré dans la région de Kayes pour une durée d’un mois, renouvelable.
La région de Ségou, également touchée par les attaques du mardi 1er, est elle aussi placée sous couvre-feu. À Tombouctou, où s’applique désormais l’interdiction formelle de transporter et d’héberger des migrants, il faut rappeler que la région a longtemps été sous embargo des groupes armés terroristes. Les actions des FAMa ont permis de desserrer l’étau sur les populations qui étaient prises en otage. Cette nouvelle mesure participe sans doute d’une volonté d’éviter toute surprise désagréable sur le plan sécuritaire dans les villes de la région. ■
LAYA DIARRA