LUTTE CONTRE LE TERRORISME DANS LE LIPTAKO : « Le Mali et le Burkina Faso sont logés à la même enseigne…, » dixit le Premier ministre burkinabé
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Le Soir de Bamako
- 2 février 2023
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Comme le dirait l’autre, actuellement le ‘’courant passe très bien entre le Mali et le Burkina Faso’’. De telle sorte que les autorités des deux pays, chacune en ce qui la concerne, ne cessent d’entreprendre des actions conduisant, en ligne droite, à une politique de reconquête de la souveraineté pleine et entière des deux peuples.
S’il y a aujourd’hui une situation qui constitue un vrai sujet de préoccupation, tant au Mali qu’au Burkina Faso, c’est bien le défi sécuritaire matérialisé par la présence effective des groupes terroristes qui n’en finissent pas d’étendre leurs hégémonies sur de vastes étendues de terre, dans les zones frontalières que se partagent les deux pays. Signalons que de nos jours, c’est essentiellement la zone du Liptako-Gourma, communément appelée ‘’la zone des 3 frontières’’, qui constitue l’épicentre des actions terroristes dans la bande sahélo-saharienne. Le choix de cet espace géographique par les groupes armés, pour y installer leurs sanctuaires, est loin d’être fortuit car à prime abord on retiendra qu’il s’agit d’une zone qui donne accès aux trois pays frontaliers que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Dans cet espace, les frontières étant, on ne peut plus poreuses, les groupes terroristes ont toutes les latitudes pour perpétrer leurs forfaits dans les limites territoriales d’un des trois Etats pour ensuite se réfugier, sans anicroche, sur le territoire voisin. Si une telle pratique, en tant que mode opératoire de prédilection des groupes terroristes, est caractéristique des guerres asymétriques, il faut dire qu’en revanche, elle constitue un sérieux handicap pour les différentes forces nationales des pays du champ. En effet dans leurs fuites, après avoir perpétré des attaques, les groupes terroristes arrivent à franchir allègrement les frontières, tandis que les soldats loyalistes, quant à eux, sont tenus au respect scrupuleux du principe de la non-violation du territoire d’autrui.
C’est donc dire, dans la lutte contre le terrorisme dans le Liptako-Gourma, il y a des situations, inhérentes au positionnement géographique des pays, qui compliquent davantage la tâche de sécurisation des lieux
Mais malheureusement, à de telles difficultés s’ajoute la mauvaise volonté par laquelle s’illustrent les forces étrangères, notamment la France, dans leurs politiques de lutte contre le terrorisme. Et cela est encore plus handicapant pour les Forces Nationales des pays sahéliens concerné. C’est fort de tels constats que les autorités maliennes avaient décidé de diversifier les partenaires militaires de leur pays et cela a conduit, inéluctablement, à la cessation de la coopération entre le Mali et la France, avec pour corollaire les retraits de Barkhane et de Takuba du territoire malien. Finalement le Burkina Faso s’est résolu, lui-aussi, à emboiter le pas à son voisin du Nord-Ouest, le Mali. Ce serait une lapalissade que dire, les autorités de la transition, tant au Mali qu’au Burkina Faso, ne sont pas des ‘’enfants de chœurs’’. Si elles ont décidé, souverainement, de s’affranchir de la coopération militaire avec la France, c’est parce qu’elles ont de pertinentes raisons pour le Faire. Quoiqu’il en soit, les autorités de la transition, tant au Mali qu’au Burkina Faso, semblent être dans de très bonnes dispositions, d’esprit surtout, pour mener en tandem, la lutte contre le terrorisme dans les deux pays, notamment dans la zone dite des ‘’Trois frontières’’.
C’est dans ce cadre que le Premier ministre du Burkina Faso, Me Apollinaire Joachim Kyelem de Tambela, est arrivé à Bamako en fin d’après-midi le mardi 31 janvier 2023, pour une visite de travail et d’amitié de 48 heures
Preuve éloquente du rapprochement des deux pays. Cette visite de travail se tient dans le cadre du renforcement des liens historiques d’amitié, de fraternité, de solidarité et de coopération entre la République du Mali et le Burkina Faso. Ce déplacement du Premier ministre du burkina, s’inscrit également dans le cadre du renforcement de la concertation et du dialogue entre les deux pays frères, qui font face à une guerre asymétrique imposée par la horde terroriste et extrémiste. Parlant de la lutte contre le terrorisme, l’hôte de marque a fait savoir que « le Mali et le Burkina Faso sont logés à la même enseigne… ». La rencontre traduit sans nul doute la volonté et la détermination de deux pays voisins et frères à imprimer une nouvelle dynamique à leur coopération riche et multiforme. Il faut noter que le président de la Transition au Burkina Faso avait réservé sa première visite officielle au Mali, juste quelques mois après sa prise du pouvoir. À cette occasion, le Capitaine Ibrahim Traoré et le Colonel Assimi Goïta avaient échangé sur la mutualisation des forces et les intelligences de leurs armées respectives afin de lutter efficacement contre le terrorisme. Si les Présidents de transitions au Mali et au Burkina ont jugé nécessaire de constituer un tandem, c’est certainement parce qu’ils sont persuadés que la communion de leurs forces pourrait être très décisive dans la lutte contre le terrorisme dans la zone du Liptako Gourma.
El Hadj Mamadou GABA